Hyacinthe Lescoet

  J’ai passé toute mon enfance sur la paisible presqu’île de Gâvres, sur les côtes morbihannaises. Dès ma douzième bougie, j’ai commencé à aider ma mère pendant l’été dans l’une de ses pizzerias où j’ai appris très jeune à être responsabilisé ainsi que l’importance de l’organisation dans le travail. J’ai ensuite enchaîné les boulots estivaux […]

#B6.1

 

J’ai passé toute mon enfance sur la paisible presqu’île de Gâvres, sur les côtes morbihannaises. Dès ma douzième bougie, j’ai commencé à aider ma mère pendant l’été dans l’une de ses pizzerias où j’ai appris très jeune à être responsabilisé ainsi que l’importance de l’organisation dans le travail. J’ai ensuite enchaîné les boulots estivaux chaque année, travaillant dans mon premier bar à l’âge de dix-huit ans. J’ai suivi des études en stratégie publicitaire, ne cessant jamais de travailler à côté, voyant cela comme une issue de secours si jamais les choses n’allaient pas comme prévu dans ma première voie. J’ai donc bougé de Rennes à Hambourg, en passant par Montpellier, Paris et la bella Salerno. En 2013, je pose mes valises à Londres et commence à travailler temps plein dans les bars à cocktails dans le but d’améliorer mon anglais pour pouvoir poursuivre une thèse sur Cambridge. Après un an au Radio Rooftop Bar, je pousse la porte du 69 Colebrooke Row et de Drink Factory, et la mayonnaise a pris.

Les valeurs inculquées dans cet établissement me suivront à jamais : les rouages de « l’hospitality », l’importance du service et la qualité et la constance des produits utilisés. Le domaine du cocktail est quelque chose de très difficile, où il faut constamment se réinventer au fur et à mesure que les consommateurs s’éduquent et ont littéralement soif de nouveautés. Pour autant, comme dans la gastronomie, cet aspect créatif du métier est une chance et un privilège que beaucoup n’ont pas. Desproges disait « l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne » et cela correspond bien à notre passion. Si je peux permettre de donner un seul petit conseil : imprégnez-vous de tout. La littérature, la poésie, l’art en général, mais également la vie, les cultures, ce qui se passent ailleurs, votre voisin, etc. Il y a du bon à prendre partout, encore faut-il s’ouvrir à la vie. C’est quelque chose redondant dans notre industrie désormais, mais néanmoins indispensable.